Soldes !


Cela ne t'a pas échappé, lecteur chéri qui as eu du mal à retrouver l'adresse de ce blog de ce blog, les soldes d'été ont démarré. Sortant de sa torpeur, ta blogueuse dévouée t'a concocté une sélection spéciale d'objets et accessoires indispensables à l'exercice de la traduction indépendante. Prix cassés ! À saisir ! N'attendez plus !


Graines à germer

Fort prisées de certains éditeurs et critiques littéraires, ces graines ont le pouvoir extraordinaire de faire pousser les mots par magie dans les livres et permettent donc de se passer d'un traducteur dont il faudrait, s'il existait, citer le nom. Compter quelques mois pour la floraison.


Balance de précision

Si vous envisagez de vendre des mots au kilo, cet accessoire saura vite se rendre indispensable dans votre bureau. Pèse mots publicitaires, mots juridiques, mots médicaux, mots audiovisuels et mots poétiques avec la même absence de discernement. Un must-have !

(Sur une idée de la SFT.)


Traductomètre

Un outil de mesure très utile pour adapter son effort de traduction en fonction de la prestation demandée.

Conseils de réglage :

  • copier-coller dans Google Translate : 0,1-0,3
  • "juste un petit truc simple vite fait" : 0,4
  • "mon budget n'est pas terrible mais le client veut une bonne trad" : 0,5
  • au-delà, à moduler selon le degré d'exaspération.


(Inspiré par un échange de mails avec Copine A.)


Boule de cristal

On n'a toujours pas fait mieux pour deviner ce qu'a voulu dire le client dans ce passage pas bien clair où il manque manifestement un mot. Mode d'emploi et boîte de rangement fournis.

(Directement inspiré du dernier haïku d'Aprotrad.)


Clavier spécial traducteur

Clavier à touche magique permettant de traduire instantanément tout texte depuis et vers toute langue. Remède sans pareil à la panne d'inspiration et puissant palliatif à l'absence de compétences. (Livré moyennant la signature d'une décharge de responsabilité.)


Dictionnaires factices

Votre bibliothèque est vide ? Vous craignez de ne pas avoir l'air d'un vrai traducteur si un client vous rend visite ? Pas de panique, ces faux dos de dictionnaires et autres ouvrages de référence factices sont pour vous. Cet objet déco raffiné vous évitera d'acquérir de lourds ouvrages chers que vous n'ouvrirez jamais et vous permettra de garnir vos rayonnages intelligemment sans risquer de les surcharger.


Pentacle fiscal

Objet divinatoire indispensable pour calculer le mythique seuil en-dessous duquel le traducteur débutant n'est pas tenu de déclarer ses revenus professionnels au fisc ou aux organismes sociaux français. À combiner, idéalement, à un alignement des planètes favorable.

(Inspiré par la pédagogie inlassablement répétée de @JulienMoya et de @MarieJulien.)


Réducteur de train de vie

Révolutionnaire, ce réducteur permet de faire face sans difficulté aux baisses de tarifs imposées unilatéralement et sans avertissement par n'importe quel client indélicat, mais aussi aux défauts de paiement, faillites, périodes de vache maigre, etc. Mode d'emploi : brancher tout simplement le réducteur sur le train de vie, pour un effet instantané. Fourni avec quatre adaptateurs, selon le train de vie de départ.


Arachides

Nourriture préférée de tout traducteur qui se respecte, ces arachides (vulgairement appelées "cacahuètes") deviendront très vite votre partenaire de choix pour produire des traductions de qualité. Grandes quantités et/ou livraisons régulières possibles.


Interrupteurs inverseurs

Vous êtes traducteur du russe et de l'anglais vers le français, mais on vous propose d'alléchantes traductions vers l'anglais ? Ne soyez plus pris au dépourvu : d'une simple pression du doigt, renversez sans effort vos combinaisons de langues et ne vous contentez plus d'une seule ridicule petite langue cible. Vendus par lot de trois.


Avec tout ça, je te souhaite un bel été bien équipé, ami traducteur. À une prochaine !


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Petit scarabée, méfie-toi des "résidences"


Dites, je suis en train de m'énerver toute seule derrière mon écran, alors je me dis que je pourrais aussi bien venir m'énerver ici, non ?

(Coucou, vous allez bien ?)


Soit une annonce repérée par M. sur le site du Centre franco-allemande de Provence :



(Oui, il y a des points d'exclamation partout. Non, je ne pense pas que ce soit voulu. Ça arrive, les merdouilles de copier-coller.)

À la rubrique "Prise en charge" (de l'heureux candidat retenu), on peut lire :



Sur le site/blog de l'assoce Passage & Co. qui organise la chose, on en apprend un peu plus sur les textes à traduire :



Il s'agit en l'occurrence d'ouvrages écrits en allemand par la "responsable de projet" de l'assoce (je n'ai pas très envie de coller un lien pour leur faire de la pub). Tout est normal, hein, rassurez-moi ?

Donc, récapitulons.

- Le séjour est appelé "résidence". Ce que le ministère de la Culture et de la Communication définit comme "un lieu qui accueille un ou plusieurs artistes pour que celui-ci ou ceux-ci effectuent un travail de recherche ou de création, sans qu’il n’y ait d’obligation de résultat" (mon gras à moi). Une vraie résidence, c'est par exemple l'atelier de traduction Rarogne, en Suisse :



C'est-à-dire un acte de mécénat, qui permet à un traducteur par ailleurs rémunéré par un éditeur de travailler dans un cadre propice à la concentration. Le tout visant à booster son processus créatif (ou quelque chose dans ce goût-là) et à lui alléger un peu l'esprit en l'aidant matériellement.

- Au cours de cette "résidence", le traducteur est prié de traduire 200 pages en deux mois et de participer à diverses manifestations. Autant dire qu'il ne lui restera pas beaucoup de temps pour faire autre chose, hein. On se doute bien que des essais sur Benjamin ou Artaud, ça ne se traduit pas tout seul. 100 feuillets par mois avec sans doute moult recherches littéraires facilitées par le fonds mondialement connu de la bibliothèque municipale de Trets et quelques activités annexes à préparer, pour un jeune traducteur (public visiblement privilégié), c'est déjà un bon rythme si tant est qu'on veuille faire du boulot de qualité.

- Et pour ce travail (il faut bien l'appeler comme ça puisqu'il semble y avoir obligation de résultat), deux fois 1 300 euros de "bourse de résidence". Soit 13 euros la page (on va dire que les animations annexes sont offertes par le candidat qui n'a que ça à faire), très, très en-dessous, en somme, des minima relevés par l'ATLF pour la traduction de l'allemand vers le français dans sa dernière enquête.



Mais pas de souci, l'assoce a l'air très contente de son offre de "résidence", dont elle fait la promo sur sa page Facebook :



Oh ben oui, dites donc, c'est le comble !

Grrrr.

(Ayé, j'ai fini de râler, je retourne hiberner.)




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P'tite pause !


Bien cher lecteur,

Je ne sais pas trop ce qui se passe, en ce moment.

Il y a eu l'été, chargé-chargé. Puis la rentrée, toujours aussi chargée-chargée. Le boulot s'enchaînant, du coup, je ne blogue pas.

Puis dans un élan complètement fou-délirant, début septembre, j'ai repris la danse (deux cours par semaine) et commencé le yoga (une fois par semaine, peut-être deux à partir de janvier, hihihi). Je suis contente, ravie, comblée comme tu n'as pas idée malgré un état courbaturé permanent, lecteur peut-être pas danseur de ce blog, mais ça fait trois soirs dans la semaine où j'ai du mal à boucler mon boulot avant l'heure de partir en cours et où je rentre un peu H.S. après ces activités vivifiantes et sympathiques, juste capable d'avancer encore d'un ou deux paragraphes dans la traduction que j'ai laissée en suspens au moment de filer pour aller travailler ma respiration par le ventre ou mes pirouettes. Du coup, je ne blogue pas.

Je me suis aussi rendu compte que ce chouette concept de week-end (tu sais, ma grande découverte dont je t'ai déjà parlé par là) était nettement plus efficace quand il s'accompagnait d'une extinction (quasi-)totale de l'ordinateur. Dont acte, je m'efforce de rester loin de mon écran et de faire vraiment autre chose - et le pire, c'est que ça marche. Du coup, je ne blogue pas.

D'autres choses m'occupent l'esprit, aussi, depuis quelques mois, des complications de vie privée qui ne s'arrangent pas. Je dors mal, j'ai souvent la tête ailleurs et du coup, je ne blogue pas.

Il faut dire que je ne déborde pas non plus d'idées neuves, ces derniers temps. Il y a bien quelques séries de billets que j'ai plaisir à construire (et j'essaierai au moins de terminer celle sur le sous-titrage de chansons, parce qu'elle est bien avancée), mais dans l'ensemble j'ai le sentiment de tourner en rond (ça fait cinq ans bien tapés que ce blog existe, tout de même, ce n'est pas si étonnant que ça). L'inspiration reviendra peut-être - ou pas - mais en attendant, je sèche périodiquement et ça m'agace. Du coup, je ne blogue pas.

Et puis là tout de suite, j'ai du boulot qui attend, des choses à faire du côté de L'Écran traduit, un ordinateur à faire réparer et ça m'ennuie bien, des trucs à préparer (en retard, en retard, en retard) pour des anniversaires et autres divers et variés, quelques jours de vacances ou pas loin qui se profilent en octobre (mais pas forcément propices à l'alimentation des Piles), autant dire qu'il y a peu de chances que je blogue dans les temps qui viennent.

BREF, tu l'as compris, lecteur somme toute raisonnablement intelligent de ce blog, une petite lassitude s'est installée. Comme je trouve ça triste et un poil frustrant de ne plus pouvoir publier à une fréquence à peu près régulière, je préfère annoncer une petite pause dans l'immédiat. La dernière en 2010 avait duré un gros mois, donc ce n'est pas forcément la fin des haricots pilesques, hein. Juste un arrêt le temps de réfléchir à ce que je pourrais faire différemment pour relancer un peu l'intérêt de ce blogounet. Héhé !





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Brève alpine


Pour la n-ième fois, le documentaire du moment concerne les Alpes, source quasi-inépuisable de belles images pour chaînes kulturelles ou pas. Mais surtout, pour la n-ième fois, je me plonge avec un certain plaisir dans le petit jeu qui consiste à retrouver le nom utilisé dans telle langue pour désigner tel lieu.

J't'essplique : le Reschensee, en français, c'est le lac de Resia, parce que le français se calque sur son nom italien, lago di Resia. Le Matterhorn, c'est bien sûr le Cervin, hein, on le sait ; l'Etsch, l'Adige ; et le Langkofel, le Sassolungo (lequel devient le Saslonch ou Sass Lònch en ladin, le saviez-vous ?). Bizarrement, le nom allemand du lac Majeur (Langensee) n'est pas utilisé dans le docu, il est identifié comme Lago Maggiore (avé l'assent). Idem pour le col di Lana. Un synthé pré-incrusté dans la vidéo m'indique que l'Außerraschötz est connu sous le nom de Rasciesa Dedora par le randonneur francophone. Le Vierwaldstättersee devient fort logiquement le lac des Quatre Cantons. Le Großglockner devient charitablement Grossglockner dans notre langue, une lettre bizarre de moins, c'est toujours ça de pris. Le Gaislachkogl, le Ferlacher Horn et le Predigtstuhl n'ont malheureusement pas de nom français, a priori. Je dis malheureusement parce que j'entends par avance le comédien s'étrangler en lisant ces amas de syllabes germaniques. (En revanche, le Ferlacher Horn, en raison de sa situation géographique, dispose d'un nom slovène, le Grlovec, qui sera bien pratique quand le docu sera exporté, si ça se trouve.) Et je vous épargne les cas où la narration s'attarde sur l'étymologie d'un nom allemand qui n'est pas la même en français - ou peut-être si quand même mais ça dépend des sources.

Bref, c'est un joli méli-mélo, un jeu de piste que j'aime bien retrouver et qui fait une partie du charme des docus récurrents (par ailleurs pas extrêmement variés, avouons-le) consacrés à ce gros tas de pierre multiculturel s'il en est réparti sur l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Autriche, la Suisse, le Liechtenstein et la Slovénie (ah, et Monaco, oui-oui), j'espère n'oublier personne.

Du coup j'ai fait gloups en tombant sur cet article sur le site de la Commission internationale pour la protection des Alpes (CIPRA) qui racontait ce qui suit :



Kwâ ?, ai-je éructé in petto, plus atterrée que vraiment surprise par cette nouvelle initiative de l'Organisation aux idées toujours brillantes.

Et puis j'ai regardé la date de l'article - 1er avril 2012. OK, le paragraphe sur les bouillottes, si je l'avais lu, aurait pu vaguement me mettre sur la voie. Et j'ai souri parce que quand même, c'était un joli poisson pour linguistes alpinophiles.

Donc tout va bien : le prochain docu sur les Alpes sera toujours aussi divertissant, toponymement parlant. Et le suivant. Et celui d'après.

Hihi.


(Source)


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ImpÉcr #32
En analyse


En analyse est une sympathique série relatant les consultations d'un psy qu'on ne laisserait pas dormir dans la baignoire interprété par Gabriel Byrne (aaahhh, Gabriel Byrne...). Mais ledit psy n'a pas seulement des problèmes avec ses patients, il est aussi un peu déprimé et a un fils qui essaie parfois de lui remonter le moral en lui proposant des activités sympas pour se changer les idées. Voici un ImpÉcr (les sous-titres parlent de traduction !) issu de la saison 3 ("Semaine 5 - Adele") qui montre en quelques répliques à quel point votre blogueuse dévouée fait un métier hautement glamour, si l'on en croit la tête de Gabriel Byrne sur la dernière capture d'écran.






Hem, sur ce, je vais aller explorer mes possibilités de reconversion avant de rappeler Gabriel...




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De belles choses à lire sur nos beaux métiers


Allez, je vous fais un petit résumé vite fait :

- mis en ligne aujourd'hui même hier, le Glossaire de la traduction audiovisuelle professionnelle, qui constitue le hors-série n° 2 de cette in-cro-yable revue en ligne sur la traduction/adaptation audiovisuelle qu'est L'Écran traduit (pour rappel, je ne suis absolument pas objective à ce sujet). Pour tout savoir sur nos bô métiers, comprendre de quoi parle un auteur de sous-titres si vous vous sentez perdu dans les soirées mondaines, apprendre à parler comme un adaptateur de doublage si on vous envoie un jour infiltrer le milieu !

- publié cet été, le numéro 230 de la revue Traduire de la SFT (Société française des traducteurs), qui comporte entre autres choses intéressantes deux contributions de l'équipe de cette in-cro-yable revue en ligne sur la traduction/adaptation audiovisuelle qu'est L'Écran traduit (pour rappel, OK vous avez compris, j'arrête). Tous les détails sont par là, vous pouvez même demander les articles concernés (ou vous abonner à Traduire, hein, c'est bien aussi).

- et pendant que j'y suis (mais cette fois votre blogueuse dévouée n'a rien à voir là-dedans) : publié la semaine dernière, un entretien très chouette avec deux confrères adaptateurs sur le site Séries chéries. Je trouve qu'ils donnent une image très fidèle de nos métiers et surtout, j'ai l'impression que les journalistes qui ont recueilli leurs propos n'ont pas écrit trop de bêtises (vous aussi, quand vous lisez certains entretiens perplexifiants avec des traducteurs que vous connaissez, vous vous demandez si tous les métiers sont à la même enseigne d'approximation dans le paysage médiatique ?).

Bonne lecture !




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Moi, je soigne ma positive attitude #3





(Rappel du principe et logo guilleret).


Ce ne sera pas long, rien qu'un tout petit Moi-je-soigne-ma-positive-attitude pour se motiver en cette rentrée chargée.



On est dans Red Dwarf (saison 1, épisode 3), cette sitcom britannique stupide (pour laquelle j'ai, dois-je avouer, une certaine sympathie). À bord du vaisseau spatial qui donne son nom à la série, le personnage de Cat a mangé trop de poisson et émet un râle : "I'm gonna die, I've been fished to death."





Chou, non ? Cette jolie trouvaille est signée Isabelle Morgan.




***





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Histoires de rythme


Non, ceci n'est pas un billet sur les subtilités polyrythmiques de la musique indienne traditionnelle, je vous le dis tout de suite (sans ambages, même)(pan).

Je jongle, tu jongles, il jongle... L'été est chargé, septembre sera asphyxiant, mais c'est pour la bonne cause (le tout est de s'en persuader), les traductions s'enchaînent voire se chevauchent et elles sont plutôt intéressantes dans l'ensemble. Votre blogueuse dévouée n'a cependant pas travaillé un seul week-end depuis la fin juin, tout va bien, lecteur inquiet pour mes bonnes résolutions de ce blog, et s'il est à peu près certain que le troisième week-end de septembre sera travaillé, je reste dans les clous, ouf.

Le problème, dans tout ça, ce sont ces histoires de rythme (ouais, on y arrive déjà, dès le 3e paragraphe, ce blog fait des progrès). Parce qu'en augmentant, dans les dernières années pré-Organisation, la part de la traduction audiovisuelle dans mon activité, et en augmentant par là même la part des traductions pour la Chaîne Kulturelle qui me fait vivre, je me suis habituée à un certain rythme et à avoir en moyenne trois-quatre semaines de boulot devant moi avec des commandes qui occupent grosso modo une (parfois petite) semaine. Soit un rythme de "moyen terme", disons, globalement régulier malgré des urgences occasionnelles, cela va de soi, ainsi que des relectures et petits sous-titrages de programmes courts à caser par-ci par-là.

Il fut un temps (didascalie : l'emploi du passé simple s'accompagne toujours, chez votre blogueuse dévouée, d'un ton grandiloquent et d'un ample mouvement de la main tenant la clope du moment) où j'équilibrais à peu près traduction dite technique et traduction audiovisuelle. L'époque où Client D. me confiait dans les 10 000 mots (automobiles) par mois répartis en commandes de longueur variée, l'époque encore plus lointaine où je travaillais avec des agences de traduction qui me proposaient régulièrement entre 1 000 et 4 000 mots à traduire en 24 ou 48h, l'époque où Client B. m'appelait pour des projets relativement ennuyeux de cinq à dix feuillets (financiers) sur deux ou trois jours, et où Cliente A. me gratifiait de textes ne dépassant pas quelques pages, mais proportionnellement trèèèèès longs à traduire, pour sa thèse. Bref, une autre époque.

Et je me rends compte que si je voulais vraiment là, maintenant, essayer sérieusement de décrocher des contrats de traduction pour l'édition, par exemple, je serais bien embêtée. Parce que l'édition, c'est plutôt du "long terme". Une fois que tu as ton gros bouquin à traduire, pour peu que tes délais ne soient pas extrêmement généreux, tu peux difficilement continuer à enchaîner les documentaires à côté. Ça fait tout de même quelques mois bien bloqués, où tu es obligé d'envoyer gentiment paître tes clients réguliers (sans parler du fait qu'il faut commencer par apprendre à le gérer, le délai "long terme", ce qui est moins évident qu'il n'y paraît). Et de la même façon, si je me dégotais, là, maintenant, une bonne agence de trad (hahaha) susceptible de me confier des commandes régulières, je serais tout aussi embêtée, parce que les agences, à l'inverse, c'est plutôt du "très court terme". Caser 3 ou 4 000 mots au pied levé quand tu as un documentaire en cours, c'est faisable. Mais quand tu jongles déjà entre deux ou trois commandes simultanément, ça devient impossible à faire régulièrement, parce que les deux-trois jours que tu vas leur consacrer, à ces 3-4 000 mots, vont te manquer cruellement pour le reste.

Le seul client en traduction dite technique avec lequel je continue à travailler régulièrement depuis que j'ai abandonné mon statut libéral début 2011, est sans surprise un client qui fonctionne lui aussi en "moyen terme" : des rapports/études/articles/publications planifiés suffisamment à l'avance pour qu'on ne soit pas en rythme "court terme", des textes parfois copieux mais suffisamment raisonnables pour qu'on ne soit pas en rythme "long terme". Idéal à caser dans mon emploi du temps, en somme (youpi).

Mais plus le temps passe, plus j'abandonne du coup le projet de me re-diversifier du côté de l'édition (comme je l'avais envisagé en 2011) ou de repartir en chasse d'agences correctes (hahaha) - pour changer, pour répartir les risques, que sais-je. Et vous, vous faites comment ?


(Source)


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